Une démarche scientifique au service des Projets Alimentaires Territoriaux
Publié le 1 juin 2026
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Mis à jour le 1 juin 2026
Comment mesurer l’efficacité des Projets Alimentaires Territoriaux, ces dispositifs conçus pour structurer les systèmes alimentaires locaux et accompagner leur transition socio-écologique à l’échelle d’un territoire ? C’est la question au cœur des travaux d’Andrea Lulovicova, chercheuse au laboratoire d’Études des Structures, des Processus d’Adaptation et des Changements de l’Espace (ESPACE) qui analyse leurs effets à l’échelle des Alpes-Maritimes grâce à une approche combinant données de terrain, modélisation et analyse environnementale.
Créés en 2014 et fortement développés après la crise du Covid, les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) permettent aux communes et aux intercommunalités de structurer localement une transition agricole et alimentaire durable. Pour être labellisé par l’État, un PAT doit être co-construit avec un ensemble d’acteurs : agriculteurs, associations, services techniques, établissements scolaires et structures de restauration collective. L’objectif est d’établir un diagnostic partagé et un plan d’action pour faire évoluer la production, la transformation, la distribution et les pratiques alimentaires du territoire.
Fournir des outils pour orienter les politiques locales
Dans les Alpes-Maritimes, presque toutes les intercommunalités disposent aujourd’hui d’un PAT. Certaines villes ont déployé leur propre PAT : Mouans-Sartoux, Opio ou Saint-Vallier-de-Thiey. C’est dans ce contexte qu’Andrea Lulovicova étudie les impacts réels et potentiels de ces dispositifs. Son travail repose sur plusieurs volets complémentaires.
Le premier consiste en une analyse de cycle de vie des systèmes alimentaires du département. Cette méthode, largement utilisée en recherche environnementale, mesure les impacts d’un produit ou d’un service tout au long de sa chaîne : production, transport et consommation. Dans un département où la production agricole locale représente moins de 1% de l’approvisionnement, cette méthode permet d’évaluer précisément le poids des importations et les marges de progression possibles.
Un second volet s’appuie sur une collecte de données de terrain incluant le recensement des friches agricoles ainsi qu’une enquête menée auprès de 2 500 habitants du département. Après analyse et traitement, ces données permettent d’identifier des tendances ainsi que de pistes d’actions pour les collectivités territoriales : disponibilité du foncier pour le redéveloppement agricole, fréquence de consommation de produits locaux, place du bio, ou encore perception des actions engagées par les collectivités. Ces informations permettent la construction de scénarios possibles du développement du système agricole et alimentaire du département avec les acteurs locaux.
En combinant modélisation et données territoriales, ces recherches permettent d’identifier les leviers– évolution des menus en cantine, relocalisation partielle de la production, réduction des produits ultra-transformés – nécessaires à activer pour réduire les impacts environnementaux tout en améliorant la résilience alimentaire du territoire.
Ce travail de recherche-action participative fournit ainsi aux collectivités un outil d’aide à la décision, basé sur l’expertise scientifique, et éclaire les conditions nécessaires à une transition agricole et alimentaire territoriale cohérente, réaliste et opérationnelle face aux enjeux climatiques.